html> CHRONIQUE n°45 de Michèle pour l'Association Valdôtaine de Savoie - A.V.S.

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n°45

ET  L’AUTOMNE  VIENT D’ARRIVER

(banquet du 5 octobre à Séez)

Bienheureux sont ceux qui se sont retrouvés en ce bel automne venant à peine de pointer son nez, à quelque quatre à cinq cent mètres de dénivellation des sommets de Tarentaise et d’ailleurs, et de leur blanche couronne. Accompagnés d’un bon regain de beau temps, cependant, qui s’est maintenu toute la journée de ce dimanche cinq octobre, inondant la salle des fêtes d’un soleil presque trop chaud, derrière les carreaux !

Les Alpes avaient blanchi, en effet, vieilles d’une nouvelle année, et le Mont Blanc, toujours aussi mondial en records de visite, surplombe magnifiquement ses cousines, les vallées et se voit surnommé, depuis quelques temps,  « le toit de l’Europe » ou encore « l’Himalaya du Pauvre » impose déjà sa magnifique masse blanche, là-bas, visible depuis les monts du lyonnais et la colline de Fourvière, que je nommerai Lugdunum.





Nous, peut-être avons-nous pris quelques cheveux blancs de plus et même si les années nous courbent un peu l’échine, nous tenons bien la « ridelle » de notre attelage, quelquefois récalcitrant ou agacé par la moindre mouche. Un bon dynamisme, dans l’ensemble, parmi les convives ayant laissé tous leurs soucis à la porte, juste avant de passer à la caisse, puis à table. Toujours fidèles à leur poste, Simone, Renée et les divers aides de camp ! Notre charmante Présidente, Jacqueline, encouragera à la gaîté qui se communiquera tout le long de ce grand banquet où nous nous retrouvons cent quinze à table. Les autres personnes étant retenues pour diverses raisons. Nous souhaitons les revoir pour le repas du mois de novembre.



Le Col du Petit, où (le grand Saint,  Bernard de Clairvaux) est toujours là, étant fermé provisoirement, nous aura privé de quelques présences valdôtaines.

J’arrive à grands pas, juste quelques instants avant de passer à table. Le décor sied bien aux tons polychromiques de l’automne, Jacqueline étant allée au ramassage des plus belles feuilles d’érable sycomore.  Une  entrée en matière, avant d’entamer le premier plat du menu, concocté par nos prestateurs de restauration préférés, l’équipe Ferraris. Et, tout en s’accordant aux conventions de location de la Salle des Fêtes, notre Association ne manquera, comme à chaque fois, pas d’honorer des conditions administratives draconiennes, mais en toute impartialité. Sécurité d’abord !



Sur la scène Alain, Bastien, Christophe, Francis, Jean-Pierre et Loulou agrémenteront avec ardeur ces retrouvailles qui apportent toujours beaucoup de joie. Dès la première bouchée avalée la bonne ambiance bat son plein d’entrain, de franches rigolades ou de propos plus sérieux. Une surprise attendra nos gentils animateurs, du plus jeune au plus vieux, en fin d’après-midi : notre Présidente Jacqueline voulant tout particulièrement les honorer parce que (c’est elle qui le précisera), sans ce groupe de musiciens et de chanteurs joyeux, nous n’aurions pas cette ambiance si chaleureuse que l’on connaît familièrement maintenant.

Chansons de montagnards ou chansons à boire et poèmes improvisés sur un coin de table, comme un compte à rebours affectif que l’on tient à préserver, histoire de dire « je me souviens de vous »  ! Je n’oublierai jamais ! Votre histoire, c’est mon histoire, c’est l’histoire des peuples migrants. C’est l’histoire de tous ceux qui ont peiné pour s’intégrer.

Une ambiance qui marquera encore une fois, d’ailleurs, le fonds du sauvetage des patrimoines et des valeurs valdôtain et savoyard réunis dans le même but : mais ! qui prendra la relève lorsque, ceux qui le maintiennent, pour le moment,  deviendront vieux, déclarera Jacqueline et bien d’autres personnes.

L’appel, lancé déjà à plusieurs reprises, sera-t-il entendu de la troisième génération, dont les préoccupations actuelles sont, de toutes les manières, totalement compréhensibles et, parfois, pas des moindres ? Qui aura, dans quelques années, la ferme volonté de reprendre le flambeau si ardemment allumé à l’aube du XXIème siècle, par Jacqueline Viérin-David et ses premiers collaborateurs et collaboratrices, qui tiennent courageusement le cap.

Ne vous méprenez pas, si la petite séance de « La Bonne du Curé » est un peu osée, notre amie a voulu nous faire rire. Elle a vraiment réussi. Parce que, danser avec une chaise, il faut pouvoir le faire sans maladresse. Elle n’en fit aucune ! Et nous nous tenions les côtes à force de rire de bon cœur (voir la photo).

Quelle pêche, a cette personne, et surtout quel entraînement à la danse. La jeunesse est un état d’esprit : je n’en ai jamais douté ! Merci mon général !…

La journée s’achèvera autour de la traditionnelle soupe à « l’ognon » de Jacqueline. Julien et Christophe, remettront leur « piano à bretelle » et l’on chantera autour d’eux les chansons préférées des valdôtains de Savoie. Belles tzansons du temps passé !

Déjà le vent se lève et fait tourbillonner les feuilles qui, peu à peu, s’amoncellent au pied des haies. Ah ! Oui ! C’est bien l’automne. Le brame des cerfs, dans la réserve juste au-dessus du village, est reparti de plus belle.  Ils sont tout proches et ces rumeurs sont toujours aussi impressionnantes. Mais ici, pas de chasse à cour, c’est bien trop pentu.

« Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés, la belle que voilà n’ira même plus les ramasser : entrez dans la danse, voyez comme on danse, sautez, dansez, tournez… » valdôtains et savoyards, je ne peux plus danser, tourner, sauter, la tête me tourne un peu… mais j’ai quelques lauriers à planter, pour le prochain printemps !

Michèle MacHenin
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