Bienheureux sont
ceux qui se sont retrouvés en ce bel automne venant à peine
de pointer son nez, à quelque quatre à cinq cent mètres de
dénivellation des sommets de Tarentaise et d’ailleurs, et de
leur blanche couronne. Accompagnés d’un bon regain de beau
temps, cependant, qui s’est maintenu toute la journée de ce
dimanche cinq octobre, inondant la salle des fêtes d’un
soleil presque trop chaud, derrière les carreaux !


Les Alpes avaient blanchi, en effet, vieilles d’une nouvelle
année, et le Mont Blanc, toujours aussi mondial en records
de visite, surplombe magnifiquement ses cousines, les
vallées et se voit surnommé, depuis quelques temps, « le
toit de l’Europe » ou encore « l’Himalaya du Pauvre » impose
déjà sa magnifique masse blanche, là-bas, visible depuis les
monts du lyonnais et la colline de Fourvière, que je
nommerai Lugdunum.



Nous, peut-être avons-nous pris quelques cheveux
blancs de plus et même si les années nous courbent un peu
l’échine, nous tenons bien la « ridelle » de notre attelage,
quelquefois récalcitrant ou agacé par la moindre mouche. Un
bon dynamisme, dans l’ensemble, parmi les convives ayant
laissé tous leurs soucis à la porte, juste avant de passer à
la caisse, puis à table. Toujours fidèles à leur poste,
Simone, Renée et les divers aides de camp ! Notre charmante
Présidente, Jacqueline, encouragera à la gaîté qui se
communiquera tout le long de ce grand banquet où nous nous
retrouvons cent quinze à table. Les autres personnes étant
retenues pour diverses raisons. Nous souhaitons les revoir
pour le repas du mois de novembre.


Le Col du Petit, où (le grand Saint, Bernard de Clairvaux)
est toujours là, étant fermé provisoirement, nous aura privé
de quelques présences valdôtaines.

J’arrive à grands pas, juste quelques instants avant de
passer à table. Le décor sied bien aux tons polychromiques
de l’automne, Jacqueline étant allée au ramassage des plus
belles feuilles d’érable sycomore. Une entrée en matière,
avant d’entamer le premier plat du menu, concocté par nos
prestateurs de restauration préférés, l’équipe Ferraris. Et,
tout en s’accordant aux conventions de location de la Salle
des Fêtes, notre Association ne manquera, comme à chaque
fois, pas d’honorer des conditions administratives
draconiennes, mais en toute impartialité. Sécurité d’abord !


Sur la scène Alain, Bastien, Christophe, Francis,
Jean-Pierre et Loulou agrémenteront avec ardeur ces
retrouvailles qui apportent toujours beaucoup de joie. Dès
la première bouchée avalée la bonne ambiance bat son plein
d’entrain, de franches rigolades ou de propos plus sérieux.
Une surprise attendra nos gentils animateurs, du plus jeune
au plus vieux, en fin d’après-midi : notre Présidente
Jacqueline voulant tout particulièrement les honorer parce
que (c’est elle qui le précisera), sans ce groupe de
musiciens et de chanteurs joyeux, nous n’aurions pas cette
ambiance si chaleureuse que l’on connaît familièrement
maintenant.

Chansons de montagnards ou chansons à boire et
poèmes improvisés sur un coin de table, comme un compte à
rebours affectif que l’on tient à préserver, histoire de
dire « je me souviens de vous » ! Je n’oublierai jamais !
Votre histoire, c’est mon histoire, c’est l’histoire des
peuples migrants. C’est l’histoire de tous ceux qui ont
peiné pour s’intégrer.

Une ambiance qui marquera encore une fois, d’ailleurs, le
fonds du sauvetage des patrimoines et des valeurs valdôtain
et savoyard réunis dans le même but : mais ! qui prendra la
relève lorsque, ceux qui le maintiennent, pour le moment,
deviendront vieux, déclarera Jacqueline et bien d’autres
personnes.
L’appel, lancé déjà à plusieurs reprises, sera-t-il entendu
de la troisième génération, dont les préoccupations
actuelles sont, de toutes les manières, totalement
compréhensibles et, parfois, pas des moindres ? Qui aura,
dans quelques années, la ferme volonté de reprendre le
flambeau si ardemment allumé à l’aube du XXIème siècle, par
Jacqueline Viérin-David et ses premiers collaborateurs et
collaboratrices, qui tiennent courageusement le cap.

Ne vous méprenez pas, si la petite séance de « La Bonne du
Curé » est un peu osée, notre amie a voulu nous faire rire.
Elle a vraiment réussi. Parce que, danser avec une chaise,
il faut pouvoir le faire sans maladresse. Elle n’en fit
aucune ! Et nous nous tenions les côtes à force de rire de
bon cœur (voir la photo).

Quelle pêche, a cette personne, et surtout quel entraînement
à la danse. La jeunesse est un état d’esprit : je n’en ai
jamais douté ! Merci mon général !…
La journée s’achèvera autour de la traditionnelle soupe à « l’ognon »
de Jacqueline. Julien et Christophe, remettront leur « piano
à bretelle » et l’on chantera autour d’eux les chansons
préférées des valdôtains de Savoie. Belles tzansons du temps
passé !

Déjà le vent se lève et fait tourbillonner les feuilles qui,
peu à peu, s’amoncellent au pied des haies. Ah ! Oui ! C’est
bien l’automne. Le brame des cerfs, dans la réserve juste
au-dessus du village, est reparti de plus belle. Ils sont
tout proches et ces rumeurs sont toujours aussi
impressionnantes. Mais ici, pas de chasse à cour, c’est bien
trop pentu.

« Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont
coupés, la belle que voilà n’ira même plus les ramasser :
entrez dans la danse, voyez comme on danse, sautez, dansez,
tournez… » valdôtains et savoyards, je ne peux plus danser,
tourner, sauter, la tête me tourne un peu… mais j’ai
quelques lauriers à planter, pour le prochain printemps !
Michèle
MacHenin
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