html> CHRONIQUE n°43 de Michèle pour l'Association Valdôtaine de Savoie - A.V.S.

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n°43

POUR CLAUDINE CHENUIL, UNE MILITANTE DU THEATRE ET DE LA LANGUE FRANCAISE

« J’ai le grand plaisir aujourd’hui d’honorer en vous une militante du théâtre et de la langue française. Mais le théâtre n’est-il pas l’art qui le mieux, porte et transmet la richesse, la beauté et le dynamisme de cette langue magnifiée par ces poètes que sont Molière, Hugo, Dumas, Maupassant, Prévert… Vous les avez inscrits à votre répertoire et n’avez jamais hésité de les faire entendre aux enfants, aux adolescents valdôtains, votre public privilégié pendant près de trente ans »…

« Car….. Vous avez choisi de vous éloigner de la France où une carrière vous attendait, pour rejoindre cette région qui est la vôtre et que vous chérissez parce qu’elle est la terre de vos ancêtres, mais aussi celle d’hommes et de femmes qui ont toujours lutté pour son autonomie, son appartenance à l’aire francophone….. 

« Issue de l’émigration valdôtaine, vous êtes née, chère Claudine Chenuil … aux portes de Paris…. »

Extrait du discours de Monsieur le Délégué du Ministère de la Culture

Il y a quelques jours, j’ai eu le bonheur et l’honneur de vous faire part d’une conversation avec Madame Claudine CHENUIL qui venait d’être honorée de l’insigne de Chevalier des Arts et Lettres, en Vallée d’Aoste.


"....elle remercie Michèle Chenuil (sa soeur, sur la photo) qui travaillait sur le programme de la Saison Culturelle Francophone."

Que l’on me pardonne de sauter à pieds joints sur la scène du théâtre, en compagnie de Claudine, car l’enthousiasme qui l’anime est tellement fort que je ne peux  brider des idées que je partage si volontiers. Car dans sa phraséologie, il y a une telle éloquence, un tel amour de son métier, qu’en voici donc l’essentiel : 

« Oui, vraiment, je fais partie des gens pour qui l’art est vital… Mon Dieu, comme je remercie tous ces artistes qui m’aident à vivre… J’avais deux attirances dans deux domaines où je pouvais m’orienter : la musique et le théâtre. Pourquoi ai-je choisi le théâtre ? Je me le suis souvent demandé… Et bien, voilà, c’est l’endroit où je suis la plus forte… où j’ai le plus de contrôle - ça ne veut pas dire que je m’auto complimente. Non, mais, par exemple être musicien est très difficile. J’admire vraiment les instrumentistes. Je garde un épouvantable souvenir des concours de piano. Quand, dans une pièce, je dois jouer un petit morceau de piano, accordéon, xylophone ou métallophone, je suis beaucoup plus terrorisée par ça, que par un monologue, même si j’ai toujours le trac.

Pour moi, le théâtre a été une évidence, je l’aime autant comme spectatrice que comme comédienne. J’ai vite compris que le théâtre était une affaire sérieuse. C’est l’intelligence, la réflexion, cela traite de tous les sujets, de l’amour à la politique, tous les drames, la lutte, la compassion, toutes les émotions, le mystère de la nature humaine, et, en fait, pour moi, cela représente l’humanité. C’est mon affection pour les gens qui me fait tant aimer le théâtre. C’est le partage. Sans public : pas de théâtre. C’est un moment unique. J’aime ce cérémonial de la représentation. Un spectacle, ça se défait, ça se range dans des malles, dans des petites boîtes, dans des valises et ça se remonte, ça se reconstruit, toujours le même et jamais vraiment pareil. Je trouve cela magique. Si vous saviez tout ce que j’ai pu apprendre et comprendre avec le théâtre ! »…

Mais, surtout, elle poursuit :

- « La Vallée d’Aoste : elle a toujours été présente dans ma vie. C’était notre paradis en été… C’est là que j’ai organisé mes premières représentations, dans la vieille cuisine de mon grand-père.
Ces animations maternelles ont été notre cheval de bataille, nous ont un peu installés ici ! Nous étions fiers de ces tout petits enfants, qui s’exprimaient en deux ou trois langues pour les patoisants… »

Elle a beaucoup à dire Claudine, sur la joie qu’elle a eu de choisir le théâtre. Un parcours magnifique. Je remarque qu’elle remercie Michèle Chenuil qui travaillait sur le programme de la Saison Culturelle Francophone. Ce fut l’occasion de côtoyer beaucoup d’artistes et d’apprendre toutes les subtilités théâtrales. Mais la plus belle œuvre qu’elle ait réalisé, en compagnie de Jean-Pierre Jouglet, est bien celle « d’avoir permis à des milliers d’enfants, des plus petits aux plus grands, d’approcher l’art théâtral, votre passion et le moteur de vos engagements » tel que le dit Monsieur le Délégué du Ministère de la Culture de la République Française, qui a bien étudié l’itinéraire de Claudine. Et ce dernier souligne

« le souhait de marquer de manière significative l’estime et la considération que lui inspire votre parcours tant artistique qu’humain et votre contribution en faveur de la défense des arts, des lettres et de la langue française en Vallée d’Aoste ».

Enfin, très solennellement, elle reçoit les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres de la part de la République Française. Moment chargé d’une énorme émotion pour tous et de joie véritable.

Je prie les personnes si importantes dans la vie de Claudine, de m’excuser de ne pas toutes les citer. Car, n’étant point présente au moment de ce grand jour, si je cite une personne, il faut que j’en cite dix et je ne me pardonnerais pas d’en oublier ! Je vous remercie de votre compréhension et de votre gentillesse.

 Michèle MacHenin
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