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n°51

DU GRAND BANQUET ANNUEL
DE CLOTURE - SEEZ

C’était le 30 novembre dernier et je n’ai pas encore eu le temps… de vous adresser ma petite chronique habituelle. Dans l’immédiat, il me vient à l’esprit une chansonnette :

«… Pas le temps, je n’aurai pas le temps de tout fairemême en cent ans, je n’aurai pas le temps… pas le temps ! »

Ce jour-là, nous avons, sans exception, toutes été « essarbotées » par un vent incroyable, en ce premier dimanche de l’Avent. Ah ! Mesdames, ce vent qui décoiffe ou coiffe à sa manière, cheveux longs ou cheveux courts et ça vous décornerait bien un beu ! Ici, le vent est presque toujours à l’honneur et, lorsqu’il s’agit d’une fête valdôtaine, j’ai remarqué qu’il est souvent invité, surtout lorsqu’il vient du Col du Petit Saint-Bernard ! Et puis, de surcroît, lorsqu’il se mesure à celui du Mont, c’est encore pire. Vraiment ! Vent maudit ! Vent qui tourmente ! Vent qui vous glace sur place ! En hiver, on n’aime pas bien le vent !

Qu’une hâte, se mettre à table, bien au chaud. Cent soixante convives pour ce dernier banquet de l’année 2008 pour l’Association Valdotaine de Savoie. Joli décor d’hiver, avec de petites branches de sapin, monnaie du pape blanche et petit nœud d’or tout autour. De petits groupes s’organisent. Dames et messieurs valdôtains de nature, s’installent comme ils en ont pris l’habitude. C’est une grande famille qui se réunit. Même si on n’est pas du même sang, on fraternise, on sympathise, on s’aime bien ! Cent soixante personnes qui s’aiment bien, ça rayonne tout autour. L’absentéisme, c’est pour ceux qui n’ont vraiment pas pu faire autrement.

Que la fête commence : ceux qui mettent l’ambiance en route, comme on actionne un carrousel, se sont déjà dégourdi les doigts sur leurs accordéons rutilants. Avec Sébastien le benjamin, aucun doute, la relève est déjà assurée. Avec un « plusse » depuis quelques temps : Jean-Pierre, le trompettiste. Après l’apéritif, le petit vin blanc de Savoie, la piste de danse est déjà occupée. On n’en décollera plus jusque tard dans la soirée. Les nombreux amateurs de danse de salon sont fidèles jusqu’au dernier tango !

- « Baisse un peu la sono, dit un adhérent, soudain ! » Oui, c’est vrai, c’est un peu fort. Parfois, ça rendrait sourd un aveugle. On baissera donc un peu. Ceux qui ne dansent pas, aiment bien discuter, car ils ne se voient pas bien souvent.

Tout à coup, retentit une mélodie bien connue des espagnols, surprenant tout le monde. C’est l’ouverture d’une corrida ! Jean-Pierre se déchaîne et enchaîne « el paso » qui nous transporte soudain dans cette Espagne fière, si différente de notre Vallée, mais configure les rites de l’arène que l’on aime ou que l’on n’aime pas. Je n’ai jamais aimé la corrida. J’attrape au passage mon plaid rouge sombre et fais un peu le pitre oubliant mes soixante-cinq « balais », imitant les passes du toréador, face à une dame qui se prête au jeu : Ollé ! Taratata ! Ollé ! Taratata ! Ollé ! Jean-Pierre s’amuse bien. De quoi on a l’air ?…

Surtout, n’oublions pas de souligner l’excellente organisation de ces rencontres épisodiques, grâce à une équipe efficace et bien rôdée.

Après un délicieux repas préparé par notre traiteur habituel, tout le monde est en piste ou presque. Quelques membres, plus jeunes, se joignent peu à peu à nous. Nous qui avons tous le bel âge, comme on dit, et de nombreuses personnes ne loupent  pas un tango, un paso, une valse musette, une java, une marche et même une polka, sans défaillir. A l’extérieur, il fait très froid et le vent n’a pas cessé de nous accompagner de sa complainte frigorifiante. Il a fallu calfeutrer les fenêtres côté montagne, où celui-ci s’engouffrait sans demander la permission. Toute la matinée, nos dévoués bénévoles de l’Association avaient été obligés de faire ce boulot supplémentaire sans coup férir !

Une ambiance très chaleureuse s’est vraiment installée pour la joie de tous. Et c’est toujours le moment d’oublier tous les tracas. Car tout le monde en a sa part, il me semble, de tracasseries, de peines et de complications, dans ce monde d’aujourd’hui où rien n’est simplifié pour que les humains soient sereins.

- « Vous avez dit sereins ?  Comme c’est… séerain ! »

Il fallait bien que je vous en sorte une : petite bêtise. Pourquoi ne pas inventer une friandise qui se nommerait : « Les Bêtises de Séez ». Vous savez, comme on en fait à Cambrai, chez les chtis. Et puis, on les vendrait sur le marché du jeudi soir, l’été prochain. Et puis, on les vendrait aussi en Vallée d’Aoste et puis peut-être à Paris. Je suis sûre qu’ils seraient contents. On inventerait de petites phrases sympas avec les enfants, très courtes, mais qui en diraient long. On consulterait l’autochtone, aussi, pour en savourer les plus belles et puis on serait joyeux de savoir qu’on sait et on serait sereins. On dirait qu’à Séez, c’est le village le plus serein ! Si l’idée vous plait, on pourrait se faire circuler un cahier comme on se passe la flamme olympique ! Droits d’auteur réservés.

Pour l’heure, je souhaite à tous, valdôtains ou sympathisants valdôtains de belles et bonnes fêtes de Noël. Et franchissez bien le seuil de 2009, pensez à tous vos frères et diffusez largement le rayonnement de votre chaleur et de votre amitié si réconfortante !

« Bien merci
Pe no avèi fé compagni tot ci ten
Avouè noutre joèce magon e peine !  Adzeu ! »

  Michèle MacHenin
Michèle notre chroniqueuse
Tous droits réservés à l’auteur. 

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