C’était le 30 novembre dernier et je n’ai pas encore eu le temps… de vous adresser ma petite chronique habituelle. Dans l’immédiat, il me vient à l’esprit une chansonnette : «… Pas le temps, je n’aurai pas le temps de tout fairemême en cent ans, je n’aurai pas le temps… pas le temps ! »
Ce jour-là, nous
avons, sans exception, toutes été « essarbotées » par un
vent incroyable, en ce premier dimanche de l’Avent. Ah !
Mesdames, ce vent qui décoiffe ou coiffe à sa manière,
cheveux longs ou cheveux courts et ça vous décornerait bien
un beu ! Ici, le vent est presque toujours à l’honneur et,
lorsqu’il s’agit d’une fête valdôtaine, j’ai remarqué qu’il
est souvent invité, surtout lorsqu’il vient du Col du Petit
Saint-Bernard ! Et puis, de surcroît, lorsqu’il se mesure à
celui du Mont, c’est encore pire. Vraiment ! Vent maudit !
Vent qui tourmente ! Vent qui vous glace sur place ! En
hiver, on n’aime pas bien le vent !
Tout à coup,
retentit une mélodie bien connue des espagnols, surprenant
tout le monde. C’est l’ouverture d’une corrida ! Jean-Pierre
se déchaîne et enchaîne « el paso » qui nous transporte
soudain dans cette Espagne fière, si différente de notre
Vallée, mais configure les rites de l’arène que l’on aime ou
que l’on n’aime pas. Je n’ai jamais aimé la corrida.
J’attrape au passage mon plaid rouge sombre et fais un peu
le pitre oubliant mes soixante-cinq « balais », imitant les
passes du toréador, face à une dame qui se prête au jeu :
Ollé ! Taratata ! Ollé ! Taratata ! Ollé ! Jean-Pierre
s’amuse bien. De quoi on a l’air ?…
Après un délicieux repas préparé par notre traiteur habituel, tout le monde est en piste ou presque. Quelques membres, plus jeunes, se joignent peu à peu à nous. Nous qui avons tous le bel âge, comme on dit, et de nombreuses personnes ne loupent pas un tango, un paso, une valse musette, une java, une marche et même une polka, sans défaillir. A l’extérieur, il fait très froid et le vent n’a pas cessé de nous accompagner de sa complainte frigorifiante. Il a fallu calfeutrer les fenêtres côté montagne, où celui-ci s’engouffrait sans demander la permission. Toute la matinée, nos dévoués bénévoles de l’Association avaient été obligés de faire ce boulot supplémentaire sans coup férir !
Une ambiance très chaleureuse s’est vraiment installée pour la joie de tous. Et c’est toujours le moment d’oublier tous les tracas. Car tout le monde en a sa part, il me semble, de tracasseries, de peines et de complications, dans ce monde d’aujourd’hui où rien n’est simplifié pour que les humains soient sereins. - « Vous avez dit sereins ? Comme c’est… séerain ! »
Il fallait bien
que je vous en sorte une : petite bêtise. Pourquoi ne pas
inventer une friandise qui se nommerait : « Les Bêtises de
Séez ». Vous savez, comme on en fait à Cambrai, chez les
chtis. Et puis, on les vendrait sur le marché du jeudi soir,
l’été prochain. Et puis, on les vendrait aussi en Vallée
d’Aoste et puis peut-être à Paris. Je suis sûre qu’ils
seraient contents. On inventerait de petites phrases sympas
avec les enfants, très courtes, mais qui en diraient long.
On consulterait l’autochtone, aussi, pour en savourer les
plus belles et puis on serait joyeux de savoir qu’on sait et
on serait sereins. On dirait qu’à Séez, c’est le village le
plus serein ! Si l’idée vous plait, on pourrait se faire
circuler un cahier comme on se passe la flamme olympique !
Droits d’auteur réservés.
« Bien
merci
Michèle
MacHenin
|